J'allais tuer quelqu'un.
Des perles salées coulaient le long de mes joues se mélangeant aux goutelettes de pluies. Un café tenus par mes doigts froids, Eyes on fire en repeat dans mes oreilles et un livre. J'étais en dessous de la classe de Mario. Je lisais, en attendant qu'il vienne me voir, sachant qu'il ne viendrait pas. Levant la tête en espérant qu'il donne un signe de vie. Les larmes coulaient tellement vite. Elle étaient si chaudes. Je les essuyai d'un revers de la main. Le banc de métal me frigorifiait l'arrière-train. La gouttes de pluie tombaient de plus en plus durement. Ma tête valsait au son de la musique. Je me foutais éperdument du froid qui m'entourait, je voulais simplement finir mon livre. Un café tenus par mes doigts froids, Eyes on fire en repeat dans mes oreilles et un livre. Une cigarette n'aurait pas été de trop, une cigarette n'est jamais de trop. « Eléa et Païkan... Leur histoire tragique s'était prolongée jusqu'à cette minute, où la fatalité forcenée les avait frappés pour la deuxième fois. La nuit les avait rejoints au fond du tombeau de glace et enveloppait les vivants des morts, les liait en un bloc de malheur inévitable dont le poids allait les enfoncer ensemble jusqu'au fond des siècles et de la terre. » J'attendais, encore et encore. Je revais qu'il me formule qu'un tout petit salut. Je souhaitais qu'il me parle, je voulais qu'il me parle. La tristesse laissa sa place à la colère, à la douleur. Mes poings se serrèrent. Mon café tomba à terre et aspergea la chaussée d'un liquide brunâtre. Eyes on fire en repeat dans mes oreilles et un livre. Une cigarette n'aurait pas été de trop, une cigarette n'est jamais de trop. D'innombrable flashbacks m'envahirent la vue. Il me manquait, il me manquait tant. Il me manquait et je lui en voulait. Mes perles chaudes m'éffaçaient de la surface du globe.
J'allais tuer quelqu'un.